13/01/2020

Interview de Martin Pietri

Président de la Maison Taillardat et La Manufacture des Emaux de Longwy

 

Martin Pietri, « Le classique n’est pas fini ! »

En 2015, Martin Pietri reprend la maison Taillardat et les Emaux de Longwy. Son ambition est de rassembler des PME françaises des métiers d’art, souvent séculaires et labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), sous une bannière commune,  le groupe EMBLEM.

 

Votre parcours est atypique. Pourquoi avoir choisi d’investir dans la haute décoration ?

 

En réalité je me reconnecte à mon histoire personnelle car j’ai toujours évolué dans un environnement artistique, les métiers d’art, la haute facture, avec une marraine qui avait fait l’école Penninghen et un oncle récompensé du titre de Meilleur Ouvrier de France dans la ciselure sur métal. Au delà, je descends directement d’une grande famille d’ébénistes, les Jacob-Desmalter, qui fournissaient le mobilier de Napoléon et de Joséphine, dont le trône en bois doré aujourd’hui au Sénat. Je ne suis pas obsédé par le label EPV mais les entreprises qui m’intéressent doivent en avoir les ingrédients, dérouler des savoir-faire exceptionnels. Et avant tout, je regarde si leurs ateliers de fabrication sont en France, c’est le préalable à toute opération.

 

Quels sont vos projets ?

Depuis mon arrivée à la tête de Taillardat, nous avons mis le cap sur l’Asie et la Chine, qui est devenue notre premier marché et nous a permis de doubler le chiffre d’affaires. On trouve dans ces contrées une véritable appétence pour les métiers d’art. Nous travaillons aussi sur des projets exceptionnels, sur la création de nouveaux modèles, uniques, fous parfois, avec les architectes d’intérieur et les décorateurs, pour le cinéma et les palaces qui sont la vitrine grand public de nos savoir-faire. Nous avons ainsi livré un présentoir à pain ouvragé, avec des bronzes sur mesure, pour le Fournil d’Eric Fréchon au Bristol. Par ailleurs, des designers comme Vincent Darré et José Lévy ont permis à la décoration de renouer avec les Emaux de Longwy, une société qui revient de très loin.

 

Qu’attendez-vous de Paris Déco Off ?

C’est la première fois que j’y participe en tant que président de Taillardat. C’est lié à l’ouverture de notre nouveau showroom rue de Grenelle – un secteur couvert par Paris Déco Off -, et au fait que nous ne participons plus au salon Maison & Objet. J’aime la philosophie de cet événement qui propose d’accueillir les gens comme chez soi, de créer une atmosphère conviviale en harmonie avec les savoir faire de très haut niveau de nos maisons. C’est aussi l’occasion unique de présenter nos nouveautés non seulement aux professionnels mais aussi au grand public. Nous exposerons ainsi une dizaine de nouvelles pièces qui prouvent par leur style, leur facture et leurs finitions que le classique est loin d’être fini.